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Si MM Nakhli et Jhioui continuent sur le même rythme, ils
risquent de devenir les initiateurs de sites les plus visités au Maroc. Comme
ils sont doués dans le monde des affaires, ils pourraient envisager de faire
payer ceux qui veulent connaître les nouvelles de chacun d’entre eux. Style pay-per-view. Ce qui constituerait une première dans la jeune histoire
d’Internet au Maroc. Mais, vu la gravité des accusations portées par chaque
partie, la justice est appelée à réagir vite pour protéger les présumées
victimes de ces deux célèbres personnalités du virtuel et d’éviter à de
potentielles victimes de tomber dans le piège. Sinon, personne ne pourra plus
crier pour diffamation… Affaire à suivre.
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Virtuelle mais vraie est la polémique déchaînée et drôle
qui oppose deux Marocains sur Internet.
Mohamed Jhioui
contre Mohamed Nakhli. Le très connu
correspondant du journal L’Opinion à Marrakech contre l’un des avocats les
plus controversés, semble-t-il, du barreau de la même ville. C’est clair, un
Marrakchi contre un Marrakchi. Les sept saints de la cité rouge ne s’y sont
pas, jusqu’à maintenant, mêlés. C’est vrai, c’est une cyber-histoire qui sort
carrément de leurs compétences ontologiques.
Une première donc dans les annales de la cyber-confabulation au Maroc. MM
Jhioui et Nakhli ont chacun conçu une page web enchaînée contre l’autre.
Deux sites désapprobateurs. Leur démarche est presque
commune. Le dénigrement au nom de deux soi-disant associations des victimes
de l’un et de l’autre.
Abus
Marrakchis jusqu’aux os, nos deux antagonistes semblent
bien doués pour le verbe acerbe. Fléchette contre fléchette. Sur leurs sites,
on se croit sur la place jamaâ El Fna, mais sans gargotiers ni saltimbanques
:
"Il était une fois un petit instituteur dans les régions de
Marrakech", c’est par cette formule théâtrale que M.Nakhli attaque son
rival. Ce dernier lui réplique dans son site par une tirade cinéphile
"Cet homme est extrêmement dangereux".
Avant d’enchaîner sur un ton scénique et délateur "Si vous le
rencontrez, s'il vous approche, éloignez vous le plus rapidement possible.
Cet homme opère à Marrakech, en qualité d'avocat et professeur de droit,
abusant et bafouant les nobles fonctions de loi et d'enseignement. Il se sert
de ses titres pour voler et escroquer ses clients. Il harcèle de ses avances
les étudiantes de l'École Sup.de Co. de Marrakech surtout à l'approche des
examens. Il libère toutes formes de plans machiavéliques au profit de sa
cupidité sans limites".
Complaisance
Notre bâtonnier n’a pas été très loin pour faire son
compte à son émule dans un verbiage farceur: "Devenu correspondant local
du journal L'Opinion, il a cru que c'était suffisant pour prétendre au poste
de journaliste. Maître-chanteur reconnu cherche ses victimes parmi les femmes
seules, et les entreprises nouvellement installées de préférence appartenant
à des étrangers".
Drôle et méchante chicane. Démocratie exemplaire où l’on joue à cache-cache
sur ce genre de choses et où celui qui connaît le secret est la vedette dont
on extirpe chaque jour des détails d'une rare signifiance.
Genre, écrit la fantomatique association des victimes de M. Jhioui "ne
cédez pas à son chantage persistez, dénoncez le auprès du procureur du Roi ou
auprès de son journal, mais en aucun cas n'acceptez pas son jeu. Demandez-lui
comment il a fait pour construire une maison dont le montant est supérieur à
8 millions de dirhams !!?, ce n'est certainement pas avec son salaire de 3000
DHS qu'il a pu le faire".
Face à la virulence verbale diffamatrice de son adversaire, M. Jhioui ne
pouvait être ni tendre ni complaisant. Il n’est pas passé par quatre chemins
pour dénoncer ses supposées pratiques professionnelles frauduleuses. Son
registre lexical et sa phraséologie ne lui ont pas fait défaut : "Si
vous êtes client de son cabinet fuyez, fuyez pendant qu'il est encore temps,
car une fois qu'il vous aura tout volé, il s'arrangera pour vous envoyer en
prison, comme il l'a fait pour M. T. (Espagnol), M. F. (Suisse), M. Z. (Marocain),
Mme C. (Française). Cet avocat sera banni par ses pairs. Il est fini. Aucune
intimidation de la part de M. Nakhli ne doit vous faire craindre de vous
défendre. Dénoncez ses pratiques en portant plainte contre lui auprès du
Procureur Général, si vous aussi, vous êtes sa victime ".
Indigeste
Le ton monte d'un cran, donc. De part et d’autre. Tous
les coups sont permis. Mais on ne va pas vous déballer tout le contenu
indigeste des sites des deux rivaux. On vous épargnera toute leur rhétorique
cacophonique. Cynisme dévoilé, disions-nous.
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Cette curieuse cyber-diatribe, dont l’origine reste
indéterminée, draine tout de même des visiteurs. Ils sont plus de 5 000
internautes à avoir visité le site consacré à Mohamed Jhioui.
Vraisemblablement, tous des Marrakchis.
Mais l'occasion était trop belle pour créer de toutes pièces un scandale sur
le net. Pour y parvenir, les protagonistes ont dû dire beaucoup de bêtises.
Le mythe entourant le caractère intouchable d'Internet a contribué à propager
l'affaire. Les codes de déontologie s'effritent de toutes parts et la loi du
réquisitoire s'étire comme une chatte repue dans le cyber-espace sans
contrôle.
Vous savez comment c'est: nos amis croient être sortis de l’auberge, tout
dit, tout expliqué, ils croient être bien défendu et blanchi et paf, en moins
de temps qu'il n'en faut pour dire "ça parle bas". On replonge tête
première dans l'incrédulité que ne manque jamais d'inspirer l'humain qui ne
veut que protéger ses arrières.
Voyez plutôt. Il fut un temps où les plus cyniques y allaient de leur charge
autrement plus féroce quand l'eau bénite coulait à flot.
La folie ordinaire? Des gens apparemment respectables qui se métamorphosent
en brutes dès lors qu'il s’agit de se disculper ou s’attaquer à son
vis-à-vis. Qui peut-on croire dans cette histoire? Seules les victimes de ces
deux internautes, un peu spéciaux, peuvent nous éclairer. Ou bien, la justice
devrait intervenir pour tirer les choses au clair entre ces deux personnes
qui font un usage particulier de la magie des nouvelles technologies.
Accusations
Si MM Nakhli et Jhioui continuent sur le même rythme, ils
risquent de devenir les initiateurs de sites les plus visités au Maroc. Comme
ils sont doués dans le monde des affaires, ils pourraient envisager de faire
payer ceux qui veulent connaître les nouvelles de chacun d’entre eux. Style pay-per-view. Ce qui constituera une première dans la jeune histoire d’Internet
au Maroc.
Mais, vu la gravité des accusations portées par chaque partie, la justice est
appelée à réagir vite pour protéger les présumées victimes de ces deux
célèbres personnalités du virtuel et d’éviter à de potentielles victimes de
tomber dans le piège. Sinon, personne ne pourra plus crier pour diffamation…
Affaire à suivre.
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